Potager urbain. Vous récoltez plus que ce que vous avez semé…

Publié par Cindy le

Dans un article précédent, je vous ai parlé de notre visite chez Josée et Michel à Saint-Charles Drummond.

Je vous ai promis un article sur le sujet des potagers en façade et le voici.

Quelle est l’origine du projet ?

Michel nous explique que l’objectif de départ est de manger sain afin de perdre du poids et d’être en meilleure santé. Qui dit manger sain, dit manger beaucoup de légumes.

potager urbain - tomates

Michel et Josée ont alors l’idée de faire un potager. Mais il y a très peu de soleil dans leur jardin à l’arrière alors que le jardin en façade est plein sud et bénéficie de 9 à 10 heures d’ensoleillement par jour.

Josée est un peu hésitante. Un jardin à l’avant, c’est s’exposer. Elle n’est pas très à l’aise avec cette idée.

N’ayant aucune expérience du jardinage, Michel commence des recherches sur internet.

Le couple découvre l’architecte américain Fritz Haeg et est inspiré par son travail.

Avant de commencer, ils vérifient la légalité du projet. Après quelques recherches sur internet et une conversation téléphonique avec une personne de la ville, ils reçoivent une confirmation. La création d’un potager en façade est autorisée.

Comment transformer votre pelouse avant en potager ?

Michel et Josée ont choisi d’enlever la pelouse pour installer des bacs surélevés.

potager urbain bacs surélevés

Ceux-ci permettent de choisir une bonne terre. Vous pouvez donc créer un potager sur tout type de sol et éviter les mauvaises herbes.

Vous pouvez circuler facilement autour des bacs. Cela reste propre et vous ne ramenez pas de terre dans votre habitation.

De plus, un potager avec des bacs surélevés est idéal pour les débutants et permet de garder plus de chaleur.

jardin urbain

Josée et Michel se sont engagés dans une démarche globale. La terre est achetée localement. Un système de récupération d’eau de pluie est installé pour arroser. Le bois utilisé pour les bacs est du cèdre blanc du Québec.

Je ne vais pas entrer ici dans les détails techniques. Voici une vidéo qui vous montre les différentes étapes. Vous trouverez plus d’infos sur l’aménagement d’un potager dans le chapitre 4 du livre « Le Potager Urbain » (vous pouvez télécharger celui-ci à la fin de cet article).

Combien de temps cela prend pour entretenir un potager ?

Evidemment, cela dépendra de la taille de votre potager et des choix que vous avez faits au départ.

Josée nous confie que cela prend entre 1 à 2 heures par jour en pleine saison. Elle compte dans ce temps l’arrosage qui est assez long puisque fait à la main. Cela permet d’observer et de voir grandir les légumes.

Potager urbain - Josée Landry

« C’est un plaisir de le faire » nous dit Michel.

Potager urbain - Michel Beauchamp

Que faire en hiver ?

« La première année, on a mangé des carottes et des panais tout l’hiver. On pourrait les laisser en terre sous de la paille. Certains légumes peuvent être cultivés en hiver. » Josée

Au fur et mesure que les légumes arrivent, vous pouvez les transformer. Josée et Michel utilisent un autoclave pour faire des cannages (mise en conserve). Il est important de bien se renseigner pour le faire de façon sécuritaire. Vous trouverez plus d’informations pour conserver vos légumes dans le chapitre 8 du livre « Le Potager Urbain ».

Les préparations pour l'hiver. Michel et Josée nous offre 3 pots dont une gelée de basilique ( à découvrir)

Quels sont les avantages d’avoir votre potager ?

Les nombreuses recherches internet sur la création de potager ont apporté à Josée et Michel plus de conscience environnementale et de nombreuses connaissances dans divers domaines.

Avoir votre propre potager est non seulement intéressant pour votre santé (vous savez ce que vous mangez et vous évitez de vous empoisonner avec des pesticides), c’est aussi économique et surtout écologique.

Moins de transport de légumes, moins d’emballage, moins de déchets (30 à 50% de la nourriture se perd à cause du transport), pas de produit chimique pour entretenir le gazon.

« On récolte plus que ce l’on sème » Josée.

potager urbain - semis
En plus des légumes, de la participation à un monde plus écologique, un potager en façade leur a apporté beaucoup de belles rencontres (des enfants, des personnes âgées, des journalistes, des personnes de tous pays même des belges 😉 des amitiés avec des experts dans l’agriculture et le jardinage). Tout le monde repart avec des légumes.

Le potager c’est l’abondance. Avoir un potager permet de partager. C’est l’idée de Pam Warhurst qui crée les Incroyables Comestibles à Todmorden en Angleterre en 2008. Planter devant chez soi et dans les espaces publics afin de partager. (Je vous en dirai plus sur ce mouvement dans un prochain article)

Josée et Michel ont également acquis de nouvelles compétences. Ils ne connaissaient rien au jardinage et au potager. Et pour eux c’est une bonne chose. Michel nous dit « cela nous a permis de chercher les meilleures pratiques ».

Aujourd’hui, ils possèdent une bonne expérience qui leur permet de faire de la sensibilisation (directement dans leur potager ou lors de conférence) et de l’éducation auprès des enfants. Ils ont tellement appris qu’ils ont eu envie de partager. Ils ont créé un blog et une page Facebook où vous trouverez toutes les infos pour créer votre propre potager.

potager urbain - sensibilisation

 

Quelles ont été les réactions du voisinage ?

Le potager crée la curiosité. De nombreuses personnes viennent voir mais peu posent des questions.

Un journaliste fait un premier article sur le potager.

Des étudiants de l’université de Sherbrooke font un travail de fin d’année sur le potager.

Il y a un véritable engouement pour le potager. Les photos du potager font très rapidement le buzz sur les réseaux sociaux. En quelques heures, la photo de leur maison se trouve en première page de Reddit.

potager urbain
Une urbaniste de la ville commence à vraiment prêter attention au potager et passe souvent. La ville n’est plus d’accord. Elle aurait reçu une plainte. Elle envoie une lettre demandant de libérer l’emprise (partie du terrain qui appartient à la collectivité publique) et de respecter les 30% d’espace vert.

Après vérification du règlement, la loi impose d’aménager l’emprise avec du gazon, des fleurs, arbustes ou autres végétations. Les 30% d’espace vert doivent être respecté au total de la maison (pas forcément devant). Donc, tout est correct. Les règles sont respectées.

Le problème, c’est qu’il y a deux règlements. Celui de St Charles de Drummondville qui autorise les potagers en façade. Et celui de Drummondville ou c’est interdit. La ville voulait fusionner les deux règlements et interdire les potagers en façade.

Michel n’est pas d’accord. Le potager a été fait avant la fusion des règlements.

Pour montrer à la ville qu’ils n’ont pas l’intention d’enlever le potager, le couple décide de faire un « Bed In » inspiré de John Lennon et Yoko Ono.

Ils baptisent le potager Rosa en l’honneur de Rosa Parks, connue pour sa lutte contre la ségrégation raciale.

La ville reste sur sa position et laisse 5 jours à Josée et Michel pour retirer le potager et les menace de 300$ d’amende par jour.

Ils ne sont pas les seuls dans ce cas. D’autres personnes ont connus des problèmes à cause de leur potager. Julie Bass, par exemple, a été menacée par la ville d’Oakland de 93 jours de prison parce qu’elle avait mis un potager à la place de sa pelouse.

Quel impact pouvez-vous avoir en tant que simple citoyen ?

Josée nous dit « On s’est senti une responsabilité ».

Plutôt que de porter plainte contre la ville et de s’engager dans des procédures judiciaires, Josée et Michel contactent Roger Doiron, fondateur et directeur de Kitchen Gardeners International dont le but est de promouvoir les potager.

Roger est connu pour son défi lancé à Michelle et Barak Obama, installer un potager à la maison blanche et distribuer les surplus à des personnes sans-abris.

Roger Doiron propose de faire une pétition internationale. La pétition a tellement de succès qu’ils l’arrêtent après quelques jours.

Des journalistes du monde entier les contactent.

Josée Landry et Michel Beauchamps

Ils récoltent plus de 29 000 signatures (de personnes provenant de 141 pays). A chaque signature, un mail est envoyé aux conseillers municipaux qui finissent par abandonner.

Non seulement la ville autorise Josée et Michel à garder leur potager mais elle demande leur avis pour créer un nouveau règlement qui autorise les potager en façade à Drummondville.

Afin que cela n’arrive pas dans d’autres villes, Josée et Michel font des conférences à la fête des semences. Ils créent un livre distribué gratuitement sur internet avec la collaboration d’experts dans le domaine.

D’autres villes et organisations vont être inspirées. La ville de Québec change son règlement. Un grand potager de façade a été créé devant le parlement de Québec pour promouvoir l’agriculture urbaine.

Le Réseau d’agriculture urbaine de Québec organise un concours de potager en façade. L’affichage du concours reprend la photo du potager Rosa.

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Josée nous confie « C’est agréable de voir que les gens embarque dans notre projet ».

« On a fait bouger le débat au Québec et peut-être ailleurs dans le monde » nous dit Michel avant de nous annoncer fièrement que Josée vient d’être élue parmi les 10 femmes les plus inspirantes dans le monde par KGI.

Elle est la seule au Canada à être élue à côté de sommité internationale comme Michelle Obama, Vandana Shiva ou Pam Warhurst. C’est tout neuf. Ils l’ont appris la veille et cela nous fait bien plaisir qu’ils nous partagent cette nouvelle.

potager urbain - Josée Landry

Michel a décidé de se présenter aux prochaines élections municipales de Drummondville. Dommage que je ne peux pas voter. Nous avons grandement besoin de personne comme ça en politique.

Voici une belle vidéo du site possible.org qui raconte leur histoire en moins de 10 minutes :

 

Vous avez envie de créer votre potager urbain ?

Josée et Michel vous offre avec l’aide d’experts un ouvrage collectif « Potager urbain » Plus de 230 pages pour répondre à vos questions sur les jardins urbains : les semences, les semis, la terre, l’aménagement, le temps et l’espace, l’environnement, l’entretien, les récoltes…

Vous pouvez télécharger ce livre gratuitement sur leur blog « Le potager urbain ».

potager urbain

Et si vous ne voulez pas faire l’aménagement vous-même, il existe aujourd’hui despotager clé en main.

Vous cherchez des semences, des plantes, surplus de récoltes, outils de jardinage près de chez vous ? Ou vous avez des surplus à donner ? Visitez le site PlantCatching.

Et nous quel est notre engagement ?

En ce moment, nous vivons en appartement. Il est donc difficile de faire un potager mais nous avons bien envie d’utiliser la terrasse pour y installer quelques bacs. Pourquoi pas des fines herbes et des petits arbustes fruitiers.

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En attendant d’avoir notre potager, nous commandons nos légumes dans une ferme bio, les Jardins de la Montagne. Nous vous en parlerons dans un prochain article 😉

Et vous ? Avez-vous un potager ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

Les photos qui illustrent cet article nous ont été données par Josée Landry et Michel Beauchamps. Merci de ne pas les utiliser sans leur autorisation.

Cindy

Catégories : Jardins urbains

4 commentaires

Vander Cruycen Patrick · 19 octobre 2013 à 11 h 41 min

Je trouve le sujet et l’article génial !!!! Brigitte et moi avions commencé il y a quelques mois avec un une sorte de jardinière surélevée et sommes bien décidé à continuer et développer l’expérience…

    Cindy · 19 octobre 2013 à 17 h 33 min

    Génial ! C’est une excellente idée. Vous avez la possibilité de le faire avec le jardin. Bisous

zeiden ben aicha · 20 décembre 2014 à 14 h 06 min

bonne continuation
j’aime bien télécharger des livres gratuitement… :p

zeiden ben aicha · 20 décembre 2014 à 14 h 06 min

merci 🙂

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